Le Front d’action des syndicats de l’éducation a animé, ce lundi 5 février à Cotonou, un point de presse pour faire des mises au point en ce qui concerne le mouvement de grève enclenché depuis quelques semaines et qui se poursuit.

« Nous sommes engagés dans un combat de libération et les intimidations, les menaces de toutes sortes et les traditionnelles fuites en avant du gouvernement risquent cette fois-ci d’être fatales pour l’école béninoise », ont réaffirmé, hier, les porte-parole du Front d’action des syndicats de l’éducation, face aux journalistes. Codjo Jean Aadja et Eric Roméo Pehos ont précisé que les syndicats affiliés au Front suivent deux motions : celle du Front qui porte essentiellement sur les revendications des enseignants et celle des confédérations et centrales syndicales qui porte sur les revendications transversales à tous les secteurs d’activités puis les revendications relatives aux libertés et à la démocratie. 

Les revendications des enseignants en mouvement portent, entre autres, sur l’application sans délai des décrets n°2015-592 et n°2015-593 du 21 novembre 2015 portant respectivement statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du second degré et statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du premier degré, notamment l’indexation des salaires des enseignants de la Maternelle, du Primaire et du Secondaire. Ils réclament également la jouissance effective des avantages contenus dans les huit premiers projets d’arrêtés dont l’incidence financière a été déjà évaluée dans les deux sous-secteurs. La régularisation de la situation administrative et financière des différentes catégories d’enseignants, le règlement de tous les problèmes de formation et l’achèvement des différents reversements en agents contractuels et permanents de l’Etat (Ace et en Ape) figure parmi les points de la plateforme revendicative. Aussi, le Front insiste-t-il sur la signature du nouvel arrêté portant modalités de recrutement et d’emploi des enseignants vacataires, le relèvement effectif du taux horaire de vacation conformément aux propositions retenues lors des travaux de la dernière Commission interministérielle mise sur pied par arrêté n°566/MESTFP/DC/SGM/DAF/SA du 04 décembre 2017 et le recrutement d’enseignants prévu au titre de l’année 2018 au profit du Memp et du Mesttfp ainsi que le transfert des cotisations des Ace de la Caisse nationale de sécurité sociale au Fonds national des retraites du Bénin (Fnrb).
En tout état de cause, aucune sortie de crise ne saurait être envisagée si ces différents points ne sont satisfaits, ont laissé entendre les conférenciers.
Le Front a saisi l’occasion pour demander aux associations et à la Fédération des parents d’élèves, aux têtes couronnées et aux membres de la société civile, de s’impliquer dans le dénouement de la crise. Il appelle également les députés à faire pareil afin de sauver enfin l’école béninoise pour le bonheur de tous ses acteurs. A l’endroit du chef de l’Etat qui rencontre ce jour les responsables des centrales et confédérations syndicales, le Front d’action des syndicats de l’éducation demande qu’il tienne sa promesse de rendre l’enseignement plus attractif, en se penchant sur le cas des milliers d’enseignants demeurés au même salaire depuis dix ans ; les reversements, reclassements, avancements et autres qui évoluent à pas de tortue ; les statuts particuliers dont l’application devait être source de motivation des enseignants?

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