L’affaire relative à la mutinerie qui s’est produite, lundi 1er janvier dernier au 7e bataillon interarmées (Bia) de Kandi, connaît un nouveau rebondissement. Ecouté par le ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense en tournée dans le septentrion, vendredi 2 février dernier, le chef de corps de la caserne, Vincent Tomety, s’est vu relevé de ses fonctions.

Le commandant Vincent Tomety a été emporté par la mutinerie survenue, lundi 1er janvier dernier au petit matin, au 7e Bia basé à la caserne de Kandi et dont il était le chef de corps. Il a perdu son poste, vendredi 2 février dernier, après avoir été écouté par le ministre délégué chargé de la Défense, Fortuné Alain Nouatin, en tournée dans le département de l’Alibori. Le capitaine Mindjomin Kplaï qui l’a remplacé, a aussitôt pris service.

C’est suite à la situation qui règne au 7e Bia, a indiqué le chef d’état-major général des Forces armées béninoises, le général Laurent Amoussou, expliquant les motifs pour lesquels il a été relevé de ses fonctions. La rigueur, a-t-il insisté, doit être de mise au sein des Forces armées béninoises. «Si dans l’armée, les ambitions personnelles commencent par prendre le pas sur la mission à vous assignée, ça voudrait dire que vous rentrez dans la déviance. Cette déviance n’est pas de nature à préserver votre image qui doit être copiée par les civils », a averti le ministre.
Par ailleurs, les chefs de corps des casernes de Natitingou et de Djougou ont également été démis de leurs fonctions. On leur reproche d’effectuer des prélèvements sur les primes de missions de leurs hommes. Des pratiques qu’a condamnées le chef d’état-major général des Forces armées béninoises, Laurent Amoussou, et contre lesquelles il a également mis en garde. « Il a été constaté lors de notre visite dans le 6e bataillon basé à Natitingou et le 8e à Djougou, qu’effectivement, les chefs de corps ne reversent pas entièrement aux hommes, les sommes qui leur sont dues », a laissé entendre le général Laurent Amoussou. «Cela est contraire à la déontologie militaire et nous avons décidé sur-le-champ, de les relever et de les sanctionner », a-t-il poursuivi. Selon lui, ces pratiques n’auront pas droit de cité dans les casernes. Décidé à prendre ses responsabilités, le Haut commandement militaire a aussitôt frappé, en les sanctionnant.
Auteurs de la mutinerie, le commandant Désiré Azatassou et ses complices avaient été déposés, depuis vendredi 19 janvier dernier, à la prison civile de Kandi. C’est pour des chefs d’accusation de flagrant délit relatif à des faits d’attentat contre la sûreté de l’Etat, de séquestration et de non dénonciation de crime, qu’ils ont été emprisonnés. Ils comparaîtront devant le juge demain, mardi 6 février, au Tribunal de première instance de Kandi.
Après l’Atacora et la Donga, le ministre Fortuné Alain Nouatin et sa délégation étaient dans l’Alibori et le Borgou en fin de semaine dernière. Ils ont rendu visite aux troupes à Karimama, Sègbana, Malanville, Kandi, Bembèrèkè, Nikki et Parakou. L’occasion leur a permis de s’enquérir de leurs conditions de travail. Au nombre des difficultés portées à leur connaissance, il y a les questions liées aux primes et à l’habillement. S’agissant des infrastructures, les domaines de la plupart des casernes sillonnées ne sont pas sécurisés. Cette tournée aura donc eu le mérite de faire face à certaines situations sur le terrain afin que les petits problèmes ne deviennent pas des objets de frustration, de refoulement et plus tard, d’extérioration brutale?

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