Les travaux de la première session extraordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collective gouvernement-centrales et confédérations syndicales, au titre de l’année 2018, ont commencé, ce mardi 30 janvier à l’Infosec de Cotonou. Ils se poursuivront vendredi prochain. La cérémonie d’ouverture officielle a été présidée hier par le ministre d’Etat chargé et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. Il était accompagné de huit autres ministres du gouvernement.

Les sept confédérations syndicales (Cspib, Csub, Unstb, Cosi-Bénin, Cgtb, Csa-Bénin, Cstb) ont répondu présentes, ce mardi, à la première session extraordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collective gouvernement-centrales et confédérations syndicales, au titre de l’année 2018. Pour cette rencontre initiée par le gouvernement, les points proposés à l’ordre du jour sont : l’implication des statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire ; les échanges sur le relevé des conclusions des négociations entre le comité gouvernemental et le collectif des syndicats du secteur de la santé ; la coordination entre le Fonds national des retraités du Bénin (Fnrb) et la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et divers.
Dans son intervention à l’ouverture de la rencontre, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, a rendu d’abord un vibrant hommage au monde des travailleurs, pour son rôle séculaire dans les différentes transformations positives que notre pays a connues. Il exprime aussi la reconnaissance de tout le gouvernement aux responsables syndicaux pour leur dévouement à la cause des travailleurs et du développement du Bénin. Selon lui, l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs reste au cœur des préoccupations constantes et permanentes du gouvernement et de son chef. Il rappelle que cette concertation intervient dans un contexte tout particulier où l’administration publique est marquée, ces dernières semaines, par des mouvements sociaux persistants dans certains secteurs d’activités comme l’éducation, la santé et la justice. Il estime que le dénouement de la crise réside dans un dialogue franc entre gouvernement-centrales et confédérations syndicales. Pour lui, l’un des facteurs susceptibles de consolider la démocratie, c’est la promotion du dialogue social par l’ensemble de ses acteurs. Car, explique-t-il, le dialogue social a une fonction médiatrice susceptible de gérer les tensions sociales inévitables. Le ministre d’Etat précise que l’examen des points inscrits à l’ordre du jour permettra au terme des travaux de lever les malentendus et les incompréhensions qui rendent encore plus complexe l’équation des revendications syndicales sectorielles ou confédérales.

Les griefs des responsables syndicaux

Pour sa part, le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) souhaite que cette année 2018 connaisse la satisfaction de leurs revendications. Les préavis de grèves déposés précisent qu’il faut prendre en compte les revendications des travailleurs de tous les secteurs, rappelle Kassa Mampo. Il dit ne pas être d’accord pour l’ordre du jour proposé par le gouvernement. Il signale que la question de liberté est primordiale, voire capitale pour les centrales et confédérations syndicales. Il a déploré que l’Etat ne garantisse plus le droit de grève et que leurs militants soient menacés ou sanctionnés, le secrétaire général de la Cstb demande que les échanges soient sincères afin que la situation ne se complique.
Le secrétaire de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), Moudassirou Bachabi, invite le gouvernement à se rendre compte que la tension sociale est à son summum. Pour lui, on devrait assister à des actes d’apaisement et voir le gouvernement dans une prédisposition à laisser les libertés s’exprimer. Mais il dit avoir le sentiment que le gouvernement ne croit plus au dialogue social et insiste pour réprimer les mouvements de protestation.
Pour Moudassirou Bachabi, l’ordre du jour proposé ne reflète pas la situation de crise actuelle et embête quelque peu les responsables syndicaux qui ont le sentiment qu’il y a un refus d’appliquer les statuts particuliers. Il explique qu’ils ne peuvent rien dire si l’Etat ne prend pas ses responsabilités. Lorsque cela perdure, il y a des sujets qui s’invitent aux débats, ajoute-t-il. Le point qui les intéresse aujourd’hui est l’augmentation des salaires. Il conclut en ces termes : « Il faut que le Smig soit revalorisé et que le point d’indice soit revu à la hausse dans une proportion acceptable, tout au moins très proche de la proportion des salaires politiques. Les confédérations ne sont pas allergiques aux sacrifices et aux réformes, assure Moudassirou Bachabi. Selon lui, les centrales et confédérations s'inquiètent à cause du gouvernement ne rassure pas encore. «Il faut que les actes d’intimidation, les sanctions pour fait de grève s’arrêtent » préconise-t-il ajoutant qu'il faut travailler au dégel au plus tôt.
Signalons que les deux parties n’ont pas pu accorder leurs violons au cours de la rencontre. Ainsi, les sept confédérations syndicales ont décidé de continuer leur mouvement de grève jusqu’à satisfaction de leurs différentes revendications. Une nouvelle rencontre est prévue pour vendredi prochain pour aborder les autres points inscrits à l’ordre du jour à savoir l’augmentation des salaires, la valorisation du point indiciaire et du Smig, la hiérarchisation des salaires, le statut particulier des enseignants, le secteur de la santé, le niveau d’exécution du protocole d’accord signé avec le chef de l’Etat qui leur tiennent à cœur.
A sa sortie de la séance à huis-clos, le secrétaire de la Cstb, Kassa Mampo, a déclaré à la presse qu’ils ne se sont pas entendus avec le gouvernement. A part l'ordre du jour qui ne fait l'unanimité, les responsables syndicaux ont dénoncé la radiation du capitaine Trékpo qu’on doit réhabiliter selon eux. Le dossier de Laurent Mètongnon dont il réclame la libération les a aussi préoccupés. Kassa Mampo fait savoir qu’ils ont abordé les questions liées à la violation des libertés et exigé que le ministre de la Justice retire la réquisition. Pour ceux qui ont été limogés, ils souhaitent qu’ils reprennent leurs fonctions pour qu’il y ait apaisement. Il conclut que dans tous les cas, la lutte se poursuivra?

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