Le consortium Association de lutte contre l'ethnocentrisme et le régionalisme (Alcrer) – Social Watch Bénin (Swb) a réuni, ce jeudi 25 janvier à Cotonou, les acteurs du Système national d’intégrité (Sni) sur le dialogue de haut niveau. La rencontre a porté sur le bilan de l’an 1 de l’adoption du plan d’action de la mise en œuvre dudit système.

Renforcer les acquis de l’an 1 du plan d’action de la mise en œuvre du Système national d’intégrité (Sni). Tel est l’objectif de la rencontre dénommée dialogue de haut niveau sur le Sni, organisée ce jeudi à Cotonou, par le consortium Association de lutte contre l'ethnocentrisme et le régionalisme (Alcrer) – Social Watch Bénin (Swb). 

L’évaluation du Système national d’intégrité (Sni), souligne Martin Assogba, représentant du Consortium Alcrer-Swb, fait état d’un diagnostic rigoureux et fidèle de la situation de corruption qui prévaut au Bénin. « Le niveau de corruption s’accroît au Bénin », fait-il savoir. A ce sujet, il note que le Sni du Bénin est globalement faible avec une instabilité des institutions caractérisées par leur fragilité, leur incapacité à traiter les pratiques de corruption, l’insuffisance de moyens. Il indique, entre autres, que le système judiciaire, les juridictions financières et les organes d’application de la loi sont les maillons les plus faibles du système d’intégrité. Car ils peinent à sanctionner les fautes de gestion et les infractions de gestion, explique-t-il.
A propos de la situation de la lutte contre la corruption au Bénin, Samuel Kaminda, coordonnateur Bureau régional Afrique de l’Ouest de Transparency International, indique que sur les vingt-neuf indicateurs du tableau de suivi des cinq recommandations prioritaires, dix-sept n’ont enregistré aucun progrès, deux ont connu une progression alors que les données de deux autres ne sont pas disponibles. Tout en reconnaissant les efforts du comité de suivi du plan d’action de la mise en œuvre du Système national d’intégrité (Sni), Samuel Kaminda, signale que la situation de la corruption est liée à la non application des textes. Ainsi, il espère que, pour inverser la tendance, la mise en place des organes tels que le comité de pilotage, le comité exécutif interministériel, les points focaux contribueront à intensifier et à accélérer la mise en œuvre des actions prioritaires retenues. Il estime que cela permettra d’aboutir à des résultats encore plus satisfaisants en matière de lutte contre la corruption.
Au regard du tableau peu reluisant dans le domaine de la lutte contre la corruption au Bénin, Yves Gillet, chef de la Délégation de l’Union européenne, déduit que le pays ne pourra atteindre les Objectifs de développement durable. « Le chemin est long et les efforts énormes », souligne-t-il ajoutant que la lutte contre ce fléau est bénéfique à maints égards.
Représentant son collègue du Plan et du développement, le ministre Adidjatou Mathys, du Travail et de la Fonction publique, rappelle les efforts du gouvernement sur le chantier de la lutte contre la corruption et l’impunité. A l’en croire, les mesures prises par le Bénin concernent l’adoption de la loi anti-corruption, la mise en œuvre des mécanismes de prévention et d’éradication du phénomène. S’agissant de la mise ne œuvre du plan d’action de promotion du Sni, elle a noté que son évaluation a conduit à mettre en place un dispositif institutionnel dont le bilan des actions sera apprécié au cours de la présente rencontre. Elle a exhorté les acteurs de la chaîne de lutte contre la corruption à davantage d’engagement pour plus de résultats?

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