Le Front pour le sursaut patriotique (Fsp) a organisé, ce mardi
23 janvier, une marche à travers les rues de Cotonou. Les manifestants, dont plusieurs personnalités du monde syndical, ont arpenté un itinéraire qui n’était pas celui affecté par les officiels, pour protester contre la gouvernance actuelle.

« Le Fsp appelle le peuple partout et dans tous les secteurs à préparer les états généraux du peuple afin de construire les bases d’une nouvelle gouvernance, une gouvernance patriotique et de probité ». C’est à l’occasion d’une marche de protestation qu’il a organisée, ce mardi 23 janvier, et qui a réuni plusieurs syndicats de travailleurs, des personnalités politiques, des étudiants et des milliers d’anonymes. 

Vers 8 h 45 déjà, des minibus ont convoyé par dizaines les manifestants à la place Lénine à Akpakpa. Mais ce n’est que vers 11 h que la marche a démarré par le carrefour Sacré-cœur passant par le Nouveau pont. Il faut préciser que ce n’était pas l’itinéraire initial prévu pour la marche. Face à la pression des marcheurs, les policiers ont dû laisser faire. La marée humaine est passée devant le marché Dantokpa, puis a emprunté le carrefour St Michel, l’Unafrica pour finalement échouer à la Bourse du Travail.
Devant l’église St Michel, Paul Essè Iko ancien secrétaire général de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb) a tenu à rappeler aux gouvernants que le passage de cette place historique à ce moment précis devrait leur donner à réfléchir.
A la Bourse du Travail, le coordonnateur du Fsp, Eugène Azatassou, a félicité les manifestants pour leur participation et leur endurance. Il en a profité pour leur transmettre les salutations de Laurent Mètongnon qui suivrait d’où il est la situation actuelle du pays.
Selon Gilbert Kouassi qui a lu la déclaration après la marche, « Fin d’année 2017, pendant que les gouvernants s’évertuent à donner l’espoir à leur peuple sous d’autres cieux, c’est le moment qu’a choisi le pouvoir pour assommer encore davantage les travailleurs, les artisans, la jeunesse et le peuple du Bénin ». Le gouvernement fait adopter, illustre-t-il, un budget qui augmente les impôts et taxes pour les petites gens et le peuple, renforce les difficultés d’accès à l’éducation et à la santé.
Le porte-parole des manifestants déplore que des décisions « arbitraires et provocatrices » de privatisation de la gestion du Port et de la plate-forme portuaire, des hôpitaux publics soient mises en œuvre.
Le vote du retrait du droit de grève aux agents de la santé, de la justice et aux magistrats, la restauration des poursuites et détentions politiques remettent en cause les acquis de la démocratie conquis de haute lutte, désapprouve Gilbert Kouassi. Pour lui, des grèves s’étendent dans tous les secteurs et paralysent les activités du pays. « Les populations excédées par les indemnisations ridicules dans le domaine du nouvel aéroport de Glo-Djigbé se révoltent. Un lever de boucliers du peuple se dresse contre la politique de la ruse et de la rage et pour sauver la démocratie en danger », expose Gilbert Kouassi.
Le Front pour le sursaut patriotique (Fsp) avance que « des lignes rouges sont édictées ; les associations estudiantines sont interdites, la répression des manifestations pacifiques se multiplient afin de créer la terreur et un sentiment de peur au sein du peuple »n

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