Après le verdict de la Cour constitutionnelle qui a cassé la loi de retrait du droit de grève des magistrats, les Centrales et Confédérations syndicales (Csa-Bénin, Cgtb, Cosi-Bénin, Unstb, Csub, Cstb) sont montées au créneau, vendredi 19 janvier dernier, à Cotonou, pour s’expliquer à travers un point de presse. Elles ont clarifié nettement leurs positions par rapport à la crise.

Le verdict de la Cour constitutionnelle sur le retrait du droit de grève ne désarme pas les centrales et confédérations syndicales. Leurs secrétaires généraux sont unanimes pour dire que la grève se poursuit bien que la Cour constitutionnelle ait cassé les dispositions sur le retrait du droit de grève à certains fonctionnaires de l’administration publique dont les magistrats, votée récemment par les députés à l’Assemblée nationale. 

Tout en félicitant la Cour pour avoir dit le droit et sauvé le pays, les responsables des centrales et confédérations syndicales n’entendent pas fléchir. Pour eux, leurs diverses revendications n’ont pas encore eu de satisfaction de la part du gouvernement. Ils ont salué la détermination des travailleurs qui ont, selon eux, largement suivi le mot d’ordre de grève sur toute l’étendue du territoire national à 95%. Tour à tour, ils sont intervenus lors de la rencontre.
Le secrétaire général de la Csa-Bénin, Anselme Amoussou explique à l’assistance qu’ils attendent de voir le gouvernement leur montrer sa réelle volonté de dialoguer. Il précise que c’est une bataille républicaine, citoyenne, puisque les travailleurs sont désormais déterminés.
Pour sa part, le secrétaire général de la Cgtb, Moudassirou Bachabi dénonce l’attitude du gouvernement qui a du mal à respecter ses propres engagements, notamment à ne mettre en œuvre aucune réforme dans le pays sans en avoir au préalable discuté avec les acteurs. S’agissant du retrait du droit de grève, Moudassirou Bachabi indique que la haute juridiction n’a fait que respecter la Constitution du Bénin en demandant aux députés de revoir leur copie. Au regard de cette décision de la Cour constitutionnelle, il souhaite que chaque acteur se repositionne pour un vrai dialogue dans le respect de la décision de la Cour. « Quel que soit notre engagement politique, nous ne devons pas permettre que cette démocratie soit prise en otage. C’était le sens de notre combat et cela restera toujours le même», indique-t-il.
Selon le secrétaire général de la Cosi-Bénin, Noël Chadaré, « c’est la grève constitutionalisée qui a permis que nous ayons la conférence nationale ». Pour ce faire, les travailleurs ne permettront pas que soit liquidé cet acquis de notre conférence nationale. Il conclut: « Le pouvoir doit faire face à cela et ouvrir le dialogue pour en discuter. Tant qu’il ne le fera pas, et que les travailleurs ne seraient pas satisfaits, la grève continue ».
Intervenant pour le compte de l’Unstb, Emmanuel Zounon, fait savoir que le plus important pour eux est que l’assemblée ne revoie sa copie sans consulter les partenaires sociaux, étant donné qu’il s’agit d’une loi de portée sociale. Il estime qu’ils doivent rester vigilants et maintenir leur motion de grève.
Le secrétaire général de la Csub, Christophe Houéssionon perçoit à travers le retrait du droit de grève une volonté du gouvernement d’opérer « la révision de la Constitution en pièces détachées». Pour lui, il faut que le gouvernement associe les travailleurs aux réformes engagées.
Mettant en relief l’un des avantages de la grève. Le secrétaire général de la Cstb, Kassa Mampo, montre qu’elle est parfois observée pour sauver les populations. Pour balayer les accusations des détracteurs des Centrales syndicales, il martèle que ce n’est pas à cause de la grève que les gens sont en prison, ni que des citoyens sont malades. « Nous allons en grève pour sauver le pays et pour qu’on ne vende pas nos hôpitaux », clarifie-t-il avant d’inviter les travailleurs à comprendre que « cette affaire de retrait de loi sur la grève était un obstacle qu’on nous a placé pour éviter qu’on n’aille vers nos revendications. Maintenant, nous devons aller vers nos vraies revendications » n

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