Ambassadeur du Niger, doyenne du corps diplomatique

Excellence monsieur le président,
C’est avec un réel plaisir et un insigne honneur qu’au nom du corps diplomatique et des représentants des organisations internationales accréditées au Bénin, que je saisis cette agréable occasion pour présenter à vous-même, à votre auguste famille et à votre gouvernement, nos vœux ardents de bonheur et de santé. A travers vous Excellence monsieur le président, nous formulons les vœux de paix, de sécurité et de progrès dans tous les domaines au vaillant peuple du Bénin qui, a toujours su jouer un rôle pionnier dans la longue marche des peuples africains dans la bonne gouvernance et le vivre ensemble. Ce rôle pionnier, vous continuez de le jouer par votre décision audacieuse de suppression des visas pour les ressortissants africains entrant au Bénin. Par ce geste que nous saluons, vous avez confirmé et concrétisé votre attachement au processus d’intégration africaine si chère aux populations de l’Afrique. Excellence monsieur le président, pas de développement sans paix et sécurité, a-t-on coutume de dire. Prévenir les conflits, privilégier la non-violence, promouvoir le dialogue et le règlement des conflits par la voie pacifique, telles sont les actions prioritaires pour une démarche de développement durable ; tels sont aussi les besoins des peuples du monde et des pays africains, notamment dans leur quête d’un progrès et d’un développement inclusif. Malheureusement, l’année 2017 qui vient de nous quitter, la tendance principale a été la lutte contre le terrorisme, la recherche de solutions pour continuer les flux migratoires et la lutte contre les calamités naturelles. Pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme, si des progrès ont été enregistrés en Irak et en Syrie, les menaces d’actes terroristes restent fortement présentes en Europe et en Afrique sahélienne. Le combat contre les groupes djihadistes dans la zone sahélienne et la corne de l’Afrique, obèrent les maigres ressources financières des pays concernés. Aussi, l’initiative de créer le G5 du Sahel par les pays intéressés pour mutualiser leurs efforts et leurs forces est à louer et mérite d’être soutenue par la communauté internationale par un financement conséquent à cet effet. Car leur combat est celui de l’humanité contre la barbarie. C’est ce qu’ont compris les Européens sous le leadership de la France et de l’Allemagne qui ne cessent de rechercher les voies et moyens pour mobiliser l’opinion internationale pour aider ces pays. Le sommet du 13 décembre 2017, des bailleurs de fonds à Paris a constitué un moment important dans ce cadre. L’engagement récent américain de soutenir les pays du G5 augure d’un lendemain meilleur dans cette lutte anti-terroriste. C’est le lieu de saluer le Bénin pour sa contribution à la lutte des pays du G5 contre le terrorisme et son engagement aux côtés des pays limitrophes du lac Tchad contre Boko Hararm, sans oublier sa participation pour juguler la piraterie maritime dans l’espace Cedeao.
Excellence monsieur le président, quant aux flux migratoires issus des réfugiés en direction de l’Europe, qui proviennent tantôt des zones de conflits au Moyen-Orient, de la corne de l’Afrique, tantôt pour des raisons économiques, ils ont transformé le Sahara et la méditerranée en de vastes cimetières. Une telle situation est inacceptable car cette ruée vers l’Europe prive l’Afrique et le Moyen-Orient du capital humain indispensable au développement, tout en favorisant le racisme en Europe. La pauvreté en Afrique constitue terreau favorable au processus de migration. Pour y faire face, j’ai en mémoire votre intervention à l’Assemblée des Nations Unies, où vous avez déclaré, « notre monde tel qu’il est aujourd’hui ouvert, subira plus que jamais les conséquences de la pauvreté, notamment les mouvements migratoires incontournables et déstabilisant si rien n’est fait ». Et vous avez poursuivi par, «interpellez les pays les plus développés et les institutions de financement de développement pour la mise en œuvre d’une action collective volontariste à même d’éradiquer la pauvreté qui marginalise dangereusement la plupart des pays d’Afrique, qui doivent prendre leur part de responsabilité ». En disant cela, vous avez posé Excellence monsieur le président, la seule problématique qui vaille. C’est-à-dire, un investissement financier massif pour retenir les migrants chez nous en Afrique. Je ne terminerai pas de parler de ce problème, sans évoquer la terrible situation que vivent les migrants africains en Lybie, notamment la honteuse traite d’esclaves, qu’on croyait à jamais révolue. Nous nous élevons fermement contre cette pratique que nous condamnons vivement et saluons la réaction sans équivoque de la communauté internationale sur cette question. Les initiatives de l’Union africaine et de l’Union européenne doivent être encouragées et amplifiées pour trouver les voies et moyens pour mettre fin au calvaire des migrants en Lybie.
Les calamités naturelles, plus précisément les inondations, nous rappellent l’urgence de mettre en œuvre l’accord de Paris sur le changement climatique. Les prismes d’excellence que vous venez d’instituer sont un puissant stimulant d’une compétition pour les Béninois de toutes conditions qui s’investiront corps et âme, pour se distinguer par leurs exploits et ce faisant, ils méritent la reconnaissance de la nation.
Le corps diplomatique, par ma voix salue les premiers résultats et vous réaffirme sa disponibilité à soutenir le Pag et à poursuivre son plaidoyer auprès des pays et des organisations représentés au Bénin pour une mobilisation générale en faveur de son financement. Il est à souligner que vous avez déployé des initiatives partout où les intérêts nationaux du Bénin doivent être promus et défendus. Par votre participation ou celle de votre gouvernement aux réunions sous-régionales, régionales et internationales, par des réunions et des foras tenus ici à Cotonou, par vos participations aux sommets politiques et économiques, par l’intensité de vos rencontres et celles de votre gouvernement avec les partenaires techniques et financiers, et avec le système des Nations Unies, vous avez rendu visible la présence du Bénin sur la scène internationale.
Excellence monsieur le président, vos visites du 09 au 11 octobre 2017 au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Togo, tout en renforçant les relations bilatérales démontrent à suffisance votre volonté d’aider la médiation pour un règlement de la crise togolaise. Elle dénote surtout votre souhait ardent de voir l’accélération et le développement de la coopération sous- régionale, car à votre étape d’Accra, vous disiez, « mon intérêt pour cette visite, c’est que nous donnions un nouvel élan à la coopération et à l’intégration. Nous devons pendant nos mandats changer les choses car l’intégration surtout économique est un facteur de développement. Nous devons mettre en place des infrastructures communautaires. Si nous nous mettons ensemble, nous avons les moyens de lever les ressources avec l’appui des multilatéraux ».
Excellence monsieur le président, la réorganisation de votre ministère des Affaires étrangères et de la Coopération et les lettres de mission assignées aux ambassadeurs et consuls béninois renforce certainement la capacité de votre diplomatie à mieux défendre les intérêts nationaux du Bénin, et à mobiliser plus de ressources externes pour le financement du Pag. Nous souhaitons plein succès à ce département ministériel qui est notre ministère de tutelle. A travers ce département ministériel, vous nous avez assuré les meilleures conditions de vie et de travail. C’est pourquoi, je saisi cette occasion solennelle pour vous exprimer notre profonde gratitude et vous renouveler nos vœux de bonheur et de santé pour l’année 2018.
Je vous remercie de votre aimable attention !

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