La ville d’Abomey a aussi célébré l’édition 2018 de la fête nationale des religions endogènes. Les manifestations se sont déroulées sur l’esplanade du Palais Singbodji et au quartier du Vodoun Zomadonou, distants de 500 mètres, témoignant de la célébration dans la division des dignitaires et adeptes des cultes.

Deux sites ont abrité, ce mercredi 10 janvier à Abomey, les manifestations marquant la fête des religions endogènes, communément appelée fête du vodoun. Les notables et dignitaires sont divisés et ont de la peine à se mettre ensemble parce que ne se faisant pas confiance, a-t-on appris de sources proches des temples et couvents. Difficilement, ils sont parvenus à mobiliser la foule de leur côté. Les manifestations ont démarré bien après 13 heures.
Sur le site de Vodoun Zomadonou, c’est sous la houlette de Dah Mivêdê que les rituels se sont déroulés tandis que sur l’esplanade du palais de Singbodji, c’est Dah Agbalènon qui a pris le devant. Sur les deux sites, les manifestations qui suscitent un relatif intérêt n’ont pas eu la mobilisation habituelle. Et sa majesté Dédjalagni Agoli-Agbo, roi du Danxomè, était absent.
A Singbodji, il était 13 h 20 quand un invité-surprise débarque. Il s’agit de l’ancien président Nicéphore Soglo. Les organisateurs se regardent, éberlués. L’ancien président s’installe avec Maxime Houédjissi à la tribune. Les organisateurs se retirent et se concertent rapidement. Puis, discrètement, des émissaires viennent souffler quelques mots à l’oreille du garde du corps qui, à son tour, chuchote à l’oreille de l’ancien président. Cinq minutes après, Ce dernier et sa suite quittent les lieux. Après quelques hésitations, dans son véhicule, l’ancien président décide de prendre un bain de foule. Le cortège fait le tour pour saluer la foule. Les organisateurs comme les responsables de la sécurité sont tous surpris et regardent en spectateurs. Ne comprenant pas ce qui se passe, certains organisateurs disparaissent furtivement des lieux. Puis, la tension monte parmi les présents. Les visages graves, le maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè et le député Gildas Agonkon sont restés tétanisés quelques instants sur leurs sièges.
A quelques mètres des officiels préoccupés s’exécutent des danses Agbadja de Grand-Popo, puis suivent les groupes Thron et Gangan des Egungun. Visiblement, le spectacle n’intéresse personne puisque subitement éclate une envolée verbale entre deux conseillers de la mairie d’Abomey. Conséquence sans doute du départ précipité du visiteur surprise. La police réussit à les calmer.
Gêné par la tournure des évènements, le député Agonkan fait appel aux deux chaînes de Tv présentes pour arranger un entretien dans le but de tout relativiser.
Pendant ce temps, sur le site de Zomadonou, les adeptes dansent et chantent autour de leur dignitaire Dah Mivêdê. Prières, libations, danses d'adeptes parés de leurs beaux accoutrements, ont marqué cette célébration. Ici, pas de bagarre.
C’est donc dans un climat de division que la célébration du 10 janvier s’est déroulée hier à Abomey?

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