L’ancien président de la République, Nicéphore Soglo, a fait, ce mardi 5 décembre, une sortie médiatique pour intervenir sur l’actualité politique au Bénin. Dans sa déclaration face à la presse, il a, entre autres sujets, dénoncé la gestion actuelle de certains dossiers par le régime en place dont l’affaire Mètongnon et les destitutions de maires. Il exhorte à l’union et au respect des opposants.

Sur un ton plutôt de regret, Nicéphore Soglo, ancien président de la République, se sent obligé de dénoncer certains actes qu’il attribue au régime du Nouveau départ dont il a contribué à l’avènement.
En évoquant le cas de Laurent Métongnon en détention préventive dans l’affaire placement « hasardeux » de fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), le conférencier y perçoit un acharnement contre un syndicaliste, voire un opposant. Selon lui, la lutte contre la corruption ne doit pas être utilisée « comme une arme pour intimider les opposants ». Pour Nicéphore Soglo, la lutte contre la corruption est une mission qui « incombe aux différents corps de contrôle, puis à la justice » dans laquelle il dit placer sa confiance. Il demande à la Justice de « ne pas tomber dans des travers » et insiste sur le fait qu’en démocratie, « il faut respecter la présomption d’innocence ». Ce qui ne semble pas être le cas concernant ce syndicaliste qui a lutté pour l’avènement de la démocratie aux côtés de sa famille politique, le Parti communiste du Bénin (Pcb), a-t-il rappelé. Invitant le gouvernement à jouer sa partition pour que la paix règne, le conférencier a plaidé pour la non-violence, soutenant que la paix ne saurait être au rendez-vous sans la justice.
Par ailleurs, l’ancien maire de Cotonou a aussi dénoncé les destitutions de maires qui ont cours dans le pays. Il a assimilé le phénomène à « une véritable chasse aux sorcières livrée aux élus locaux ». A titre illustratif, il a mentionné les cas des maires de Djidja, de Parakou, d’Allada, de Ouidah et de Cotonou. S’attardant sur le cas de Cotonou, il dénonce « tout l’acharnement » dont serait victime son successeur, en l’occurrence son fils Léhady Soglo. Entre autres, la perquisition de son domicile, la série de quatre audits et l’exil auquel Léhady Soglo s’est résolu, ne sont pas du goût de l’ancien maire. Dans ce qui lui semble être « un acharnement » contre les opposants, Nicéphore Soglo a rappelé la mise aux arrêts de Sébastien Ajavon dans une « sombre affaire de trafic de cocaïne ».
Face à toutes ces questions, Nicéphore Soglo appelle à l’union. « La jarre trouée de Guézo nous invite tous à l’union, l’heure est grave… », a-t-il lancé. Dans des mots à peine voilés, il semble regretter son choix politique lors de la présidentielle de 2016. « Je baisse ma coupe et m’excuse… », a-t-il laissé entendre?

Évaluer cet élément
(2 Votes)
Lu 1743 fois