Et le requiem du règne du vieux despote fut prononcé.  Par les mêmes qui, il y  a peu l’adulaient encore! « A bas le président, vive le général », chanterait fort opportunément  Alpha Blondy.  

Ecce homo ! Et voilà Emmerson Mnangagwa alias « le crocodile » porté sur les nues, en messie pour une nouvelle ère, prétend-on au Zimbabwe. Il promet des emplois aux nombreux chômeurs, de pacifier le « pays », et d’œuvrer pour le bien-être de tous. Dans un pays exsangue, miné par la récession y compris une inflation qui a amenuisé au-delà du terme le pouvoir d’achat des Zimbabwéens, il faut craindre que les compatriotes du « crocodile » ne s’excitent par excès, que la masse s’enthousiasme et se montre euphorique sans caution ! En attendant de déchanter, en se rendant après coup à l’évidence que l’homme providentiel ou du moins vendu comme tel par la providence, un concours de circonstance, n’est pas l’homme nouveau et n’a pas d’idées nouvelles. Et que ses promesses, mirobolantes, n’engagent que ceux qui y croiraient. On prend les mêmes et on recommence.

Vétéran de la guerre d’indépendance, cacique du régime et fidèle jusqu’à récemment encore de Robert Mugabe, dans le sillage et  l’ombre desquels il est resté jusqu’à présent, avant de se brouiller avec lui, Emmerson Mnangagwa, le nouvel homme fort, comme on dit, du Zimbabwe, aura occupé d’importantes responsabilités au sommet de l’Etat. Il y serait d’ailleurs le dur des durs, les saillies de Mugabe en moins donc. A-t-il de ce fait le profil idéal pour opérer les changements dont le pays a besoin pour reprendre de l’embellie ? Il faut croire que non, au regard de son parcours et de la réputation qui l’a précédé ! Mais à sa décharge, l’espoir que tout homme peut se transcender, changer…Seule bouée de sauvegarde à laquelle le Zimbabwe est condamné à s’accrocher.

 

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