L’élection d’Abraham Zinzindohoué à la tête de la Renaissance du Bénin (RB) par ses pairs émancipés de la tutelle Soglo, suite au congrès du week-end dernier, est loin de signer l’épilogue de la crise qui secoue ce parti. Le fait même que  Zinzindohoué et consorts aient pris la peine de maintenir, peut-être pour ne pas entériner la thèse du ‘’habamê’’ (impolitesse), le statut d’autorité morale dévolue à Nicéphore et Rosine Soglo, n’y fera rien. La série devra se poursuivre. Déjà au tribunal, ce mardi 27 juin.

 

Mais d’ores et déjà le clan Léhady Soglo a réagi suite aux évènements d’Abomey-Sun City. Evidemment pour dénoncer la forfaiture de leurs vis-à-vis, c’est bien le moins qu’on puisse attendre de lui. Vu que Léhady Soglo, président déchu et viré de la RB, se prévaut toujours d’avoir légalité et légitimité à ce titre. Deux éléments essentiels que revendiquent également ses contradicteurs. Du déjà vu, au registre des crises au sein des partis, y compris avec la RB !

 

Vue d’esprtit ?

Toujours est-il que les deux parties antagonistes, font référence à la charte des partis politiques au Bénin et aux statuts de la RB, sans qu’on ne puisse dire si les deux ont accès aux mêmes textes !  Avec l’excuse, il faut l’avouer pour l’une et l’autre partie, que lorsqu’on est en conflit, l’écaille de la haine ne manque pas d’apparaître sur les yeux et la bave du rictus de la détestation ne se fait pas moins présente aux commissures des  lèvres. Deux ingrédients qui forment un cocktail qu’on pourrait appeler ‘’obstruction de la vue’’ ou ‘’déstructuration de la raison’’ !

 

 Soit la justice coupe court, en déboutant Léhady Soglo, auquel cas ce dernier devra penser à créer son propre parti, selon une antienne bien connue de lui ; soit  c’est le groupe Zinzindohoué qui est recalé, auquel cas….mince alors ! L’épisode d’Abomey-Sun City n’aura servi à rien. Un congrès pour rien ? Cela parait chose peu probable ! Rien qu’au regard de la brochette de juristes et de fins politiques dans les rangs desdits frondeurs. Non pas qu’il faille préjuger des conseils juridiques de Soglo. Mais, et ça pèse dans la balance, on peut lui reprocher tous les péchés d’Israël, mais une certitude est qu’Adrien Houngbédji, juriste chevronné, a dû jeter un œil sur les textes de la Renaissance du Bénin avant de prendre le pari de déléguer un représentant du PRD à Abomey samedi dernier au congrès des dissidents. De là à penser que la légitimité et la égalité sont du côté de ceux-ci, il n’y a qu’un pas !

 

De la légalité, on laissera soin à la justice de trancher, mais de la légitimité, on peut faire recours à la pratique dans les démocraties établies, celle qui astreint tout dirigeant politique dont le leadership est remis en cause, à en tirer les conclusions pour abdiquer, autrement dit, démissionner pour employer un terme plus républicain. En l’occurrence, les frondeurs constituent l’essentiel du bureau politique c'est-à-dire l’organe habilité à décider de l’orientation du parti, ce sont du reste les ténors du parti, qui ont voix de prépondérance à ce titre.    

Mais d’aucuns objecteront que le Bénin n’est pas une démocratie établie (ah bon ?), que les partis politiques sont propriétés de leurs fondateurs (à nouveau, ah bon ?), que cela n’étonnera personne ! D’autant plus qu’il est, pince sans rire, qu’on ne « réforme pas le parti créé par quelqu’un d’autre », qu’il fallait « créer son propre parti » pour avoir une telle prétention.Bon, après tout, le Front national en France est réformé, en dépit des objections de son fondateur du resté éjecté de l’appareil décisionnel. Mais après tout, la France n’est  pas le Bénin…  

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