Quatre groupes parlementaires de la septième législature ont perdu leur existence légale, ce mardi 9 mai au Parlement, avec les démissions désormais officielles de seize députés. Le plus dur commence ainsi pour les présidents de ces différents groupes parlementaires.

La saignée se fait de plus en plus persistante au sein des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale. Outre les députés Issa Salifou alias Saley, René Bagoudou et Amadou Issifou qui ont démissionné, le vendredi 5 mai dernier, de leur groupe ‘’Unité-Paix et Développement’’ présidé par Mathurin Nago, treize autres de leurs collègues tous membres des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) leur ont emboîté le pas. Ils ont aussi déposé, leurs lettres de démission au président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Il s’agit des députés Mohamed Gibigaye, Abiba Dafia et Nourénou Atchadé du groupe parlementaire " République et solidarité nationale" dirigé par Barthélemy Kassa, Sinatoko Yarou Kignaré, Idrissou Bako, Gounou Sanni et Chabi Bah Guéra de "République et Unité nationale" présidé par André Okounlola et Valentin Djénontin, Jean Marie Allagbé, Garba Yaya, Codjo Simplice, Léon Dègny et Justin Adjovi de ‘’République-Nouvelle dynamique-Cohésion et Action’’ de Pascal Essou.
Les lettres de démission des seize parlementaires ont été rendues publiques à la faveur de la séance de ce mardi 9 mai au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. Ces députés démissionnaires justifient, dans leurs correspondances, leurs actes par des «raisons de convenance personnelle». Mais approchés, ils accusent leurs collègues de leurs groupes de les avoir mis à l’écart de tout depuis leur vote, le mardi 4 avril dernier, contre le rapport de prise en considération du projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Ils seraient considérés comme des «opposants » au régime du président Patrice Talon, se désolent-ils. «Il y a crise de confiance entre nous et nos autres collègues membres du groupe parlementaire. Il était normal que nous prenions nos responsabilités pour arrêter de subir les frustrations auxquelles nous sommes exposés depuis ce vote », a expliqué le député René Bagoudou.
Les seize démissionnaires sont désormais non-inscrits en attendant la constitution de nouveaux groupes parlementaires.
Les quatre groupes parlementaires touchés par les défections n’ont plus, depuis hier, une existence légale. Ils sont cassés parce qu’ils n’ont plus l’effectif nécessaire pour survivre. Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale exige en cette matière le nombre de neuf députés au moins pour la validité d’un groupe parlementaire. Le Groupe parlementaire d’André Okounlola ne compte actuellement que six membres ; sept pour celui de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago ; cinq membres pour celui de Pascal Essou et sept pour Barthélémy Kassa. Ces cassures bouleversent la configuration politique de la septième législature. Elle ne compte désormais que quatre groupes parlementaires réglementaires sur huit qui existaient. Il s’agit du groupe parlementaire du ‘’Parti du renouveau démocratique (Prd)’’ composé de dix députés et présidé par Augustin Ahouanvoèbla, celui de ‘’L’Union fait la Nation’’ fort de 13 parlementaires dirigé par Antoine Kolawolé Idji, celui de « Bénin uni et solidaire » de Bonaventure Aké Natondé et composé de onze membres et le groupe parlementaire ‘’Nation-Unité-Développement’’ crédité de neuf membres et dirigé par Rosine Vieyra Soglo.

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