Que le temps passe vite ! Il y a 44 ans déjà que l’Armée nationale a pris le pouvoir pour l’exercer des décennies durant. 26 octobre, une date mémorable dans l’histoire politique du Bénin-

Fougueux et plein d’énergie, le jeune commandant Mathieu Kérékou à la tête d’un groupe de jeunes officiers a «ramassé le pouvoir par terre » un 26 octobre 1972. Un putsch militaire qui marque le début d’une longue période révolutionnaire inscrite en lettre d’or dans les annales de l’histoire politique de notre pays.

En effet, l’enfant malade de l’Afrique qu’est le Dahomey à l’époque (actuel Bénin), souffrait d’un mal atroce que d’aucuns qualifient de « caprices d’un monstre à trois têtes ». Un mal qu’a voulu sinon arrêter du moins calmer un homme: le commandant Mathieu Kérékou. Jusque-là inconnu par la majorité de ses compatriotes.
Dans l’après-midi de ce 26 octobre, les ondes de la radio nationale annoncent au peuple béninois un putsch. D’une grave et imposante voix, le nouveau maitre du pays a annoncé les couleurs. S’ensuit la diffusion de la liste de l’équipe dirigeante: «Gouvernement militaire révolutionnaire » (GMR)
Les militaires au pouvoir, le pays sera dirigé autrement. La nouvelle Révolution instaurée dans le pays va exiger la participation de tous à la gestion du pouvoir. Les Comités d’organisation des jeunes (COJ) ainsi que les Comités d’organisation des Femmes (COF) seront portés sur les fonts baptismaux pour l’y aider. Ce fut une longue période révolutionnaire diversement appréciée par ceux qui l’ont vécue.
Le principal artisan de cette Révolution, Mathieu Kérékou qui proclame que la « branche ne se cassera pas dans les bras du Caméléon » connaitra des hauts et des bas. Une Révolution qui a profondément secoué le pays.
Mais plus tard essoufflé et épuisé, le pouvoir marxiste- léniniste va chanceler un temps, avant que ses leaders acceptent de convoquer une Conférence nationale en février 1990. A l’issue de ces assises nationales sera prononcé le requiem de la Révolution. Ayant perdu le pouvoir le « Caméléon » trouvera refuge dans les filaos ; à Ganhi en plein cœur du centre commercial de la capitale économique. Il ne faisait que quelques apparitions furtives qui lui valent souvent des ovations. Muré dans un mutisme et presque déjà oublié par ses compatriotes, le Grand camarade de lutte a rompu, un jour le silence, à la surprise de tous et promet «monter en haut». Le ciel l’a entendu. Ainsi le natif de Kouarfa, après ses 17 années de Révolution revient au- devant de la scène pour une bonne dizaine d’années. Il dirigera pendant deux mandats de cinq ans le Bénin résolument engagé dans la voie démocratique.
Depuis son retrait de la scène politique, l’homme s’est muré à nouveau dans un silence qui lui est propre. Il était devenu une icône à laquelle tout le monde faisait référence. Tantôt à Cotonou, tantôt à Natitingou ou à Akassato dans la commune de Calavi, il nous a quittés le 14 octobre 2015. Grand hommage digne d’un grand homme d’Etat.
On retiendra de lui et de sa Révolution des acquis comme les activités de production de masse ainsi que les efforts de vivre ensemble nécessaire à l’édification d’une nation béninoise. On lui attribue les qualités de rassembleur, artisan de l’unité nationale et homme de paix.
Kérékou est parti. La Révolution éteinte. Seuls ceux qui ont connu et vécu cette période peuvent mieux témoigner aujourd’hui de ce pan de l’histoire du pays.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 1045 fois
Tags:
  • ,