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Les sinistrés du dernier incendie du marché Dantokpa rejoignent enfin leurs nouvelles installations, depuis le 8 septembre dernier. Mais c’est là seulement une bataille de gagné. Après le long et difficile combat du relogement, vient celui tout aussi aléatoire de la remise à flots des différents commerces.

Des chants dans l’une des boutiques du nouveau bâtiment du marché Dantokpa, mardi 12 septembre dernier. A l’intérieur du local d’à peine 3 mètres carré, une dame et deux de ses proches dansent, crient et battent inlassablement des mains. Une séance improvisée de louanges et d’adorations envers Dieu vient d’être exécutée pour ponctuer l’ouverture des nouveaux locaux. «Les gens sont passés par tant d’épreuves pour récupérer leurs clés. Il faut remercier le ciel et l’implorer pour le reste», s’écrie un marchand venu assister à la scène. Après plus de dix mois de quasi-inactivité, il faut désormais remettre les commerces en marche. Une tâche pas du tout aisée, d’autant que la Société de gestion des marchés autonomes (Sogema) n’a pas tenu compte dans ses attributions, des précédents emplacements. L’essentiel pour les autorités étant que tous les sinistrés regagnent effectivement les nouveaux locaux. De part et d’autre de l’aile du marché désormais reconstruite en dur, c’est le calme plat.

Aucune activité ne permet de savoir que les nouvelles installations sont déjà disponibles. Nombre d’entre les centaines de boutiques déjà rétrocédées à leurs propriétaires restent encore fermées. La dizaine ayant ouvert ses portes, sacrifie aux travaux d’aménagement avant un hypothétique retour de la clientèle. Les fines gouttes de la matinée de ce mardi 13 septembre ont laissé des traces sur le sol. Les infortunés de l’extérieur risquent en effet d’être dérangés par les eaux en cas de forte pluie. «On a fui tous quand ça a commencé tout à l’heure», renchérit un passant. A l’aide de gestes de la main, il s’improvise architecte et affirme : «ils devaient construire les locaux de telle façon, pour protéger les occupants et leurs commerces. Mais dans ces conditions, ça risque d’être la débandade en saison pluvieuse».

Providence divine.

Dans la boutique de Basile Akliconon, un groupe de menuisiers s’affairent au mur pour placer les étagères. Malgré le manque d’électricité dans ses locaux, le quadragénaire ne désespère pas. «Le compteur est là. Il ne manque que le raccordement des fils», explique-t-il de façon assez lapidaire. Pour ce dernier, l’essentiel n’est pas d’éclairer la boutique. Il préfère consacrer son énergie pour faire revenir ses clients. D’ailleurs, il accueille avec désinvolture le délai de deux mois que lui a donné la Sogema à cet effet. Faute d’avoir fait installer des étagères, Marcien lui, garde sa boutique fermée. «Il me faut environ 50 000FCfa et je ne les ai pas encore», admet-il. De fait, ses produits destinés à la vente sont par terre.
Dans une salle à peine garnie, Moïse Loko fait badigeonner ses murs. Bien qu’étant satisfait des conditions de relogement, il juge chère la caution de 4 000Fcfa par mètre carré, exigée par la Sogema. «Ils ont pratiquement quintuplé la somme que nous avions auparavant l’habitude de payer», fait-il remarquer. Comme pour remettre son sort à Dieu, il ajoute un brin métaphorique : «si tu perds ton mouton et que de fil en aiguille tu en retrouves l’intestin, tu accoures». Lui et nombre de ses pairs sinistrés du 31 octobre 2015, auront bien besoin de la providence divine pour faire face à la traversée du désert qui s’annonce pour leurs commerces ¦

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