La prochaine rentrée des classes se précise bien. Elle est annoncée sans anicroche par des membres du gouvernement et les responsables des principales confédérations syndicales. C'est au terme de la première session de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collectives entre gouvernement, centrales et confédérations syndicales, tenue le jeudi 15 septembre à l’Infosec de Cotonou.

La présence de quelques enseignants du secondaire formés et en attente de recrutement, banderoles en main et revendiquant une entrée imminente dans la Fonction publique pouvait laisser croire que la première session de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collectives entre gouvernement, centrales et confédérations syndicales se déroulerait dans la même ambiance surchauffée d’antan. Fort heureusement, les esprits sont restés calmes et le verbe apaisé tout au long des quatre heures de temps environ qu’ont duré les échanges. Lesquelles se tiennent à l’invitation du gouvernement, soucieuse «de prévenir les bouleversements sociaux à la veille de la rentrée scolaire», indique à l’entame, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. Elle est aussi selon lui, «l’expression de la volonté politique des autorités à montrer leur bonne foi et la confiance qu’elles placent en leurs partenaires». Il estime, en effet, qu’aucune politique publique, voire de développement, ne peut être conçue et mise en œuvre dans un contexte de crises permanentes de nature à rompre la logique de service. Ses explications seront amplifiées par le ministre en charge du Travail et de la Fonction publique Adidjatou Mathys qui se réjouit de constater que le Bénin est logé sur la liste des pays qui affichent clairement une volonté politique en faveur du dialogue social. Elle va

d’ailleurs en profiter pour annoncer que la Commission est désormais présidée par le ministre Abdoulaye Bio Tchané et que celui en charge des Transports Hervé Hèhomey (absent) y fait aussi son entrée.

Priorité : l’école

Passée cette phase protocolaire, les responsables syndicaux annoncent les couleurs. Noël Chadaré de la Confédération des organisations syndicales indépendantes s’élance le premier et rappelle au gouvernement qu’il y a «urgence», que la rentrée des classes est imminente et que toutes autres préoccupations ou revendications doivent être sacrifiées au profit d’un retour en classes apaisé des écoliers et élèves. Aussi, propose-t-il que la préparation matérielle, technique et financière de la rentrée constitue la charpente des échanges de la session. Les préoccupations liées à la rentrée oui, mais il est important de ne pas les éluder, embraye Paul Essè Iko de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb). Sans aller contre la proposition de son prédécesseur, il propose au gouvernement de garder à l’esprit que les travailleurs du secteur privé souffrent et que ceux de la santé ont d’énormes difficultés qu’on ne saurait passer sous silence. Plus exigeant, Pascal Todjinou de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cstb) suggère que la Charte nationale du dialogue social signée récemment entre le gouvernement, le patronat et les organisations syndicales constituent la boussole des échanges. Dieudonné Lokossou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin) n’y va pas non plus du dos de la cuillère. Il faut, exige-t-il, que cette charte à laquelle ils ont librement consentie soit respectée, même si elle ne dissout pas la commission de négociations, conseille-t-il. A ces préoccupations et à quelques autres points de préséance, le ministre Adidjatou Mathys donne des réponses et laisse place aux échanges proprement dits, conduits par le ministre Abdoulaye Bio Tchané. Ils se déroulent à huis clos, gouvernement et cadres impliqués d’un côté, responsables syndicaux dûment mandatés de l’autre, loin des médias comme d’habitude.

Ils veulent tous d’une rentrée apaisée !

«Ce qui préoccupe le gouvernement c’est la rentrée des classes et les questions qui touchent aux enseignants… On a discuté à bâtons rompus. Mais on n’a pas pris un accord écrit». Visiblement satisfait au terme de cette première session, Paul Essè Iko est tout de même demandeur de certaines exigences. Sa confédération, insiste-t-il, est préoccupée en général par les questions qui touchent à l’école. Pour cette raison, ses syndiqués et lui font de la satisfaction des problèmes touchant aux enseignants communautaires et contractuels, une préoccupation essentielle et un préalable indispensable pour une rentrée apaisée. A cela, il ajoute le cas des enseignants formés dans les écoles normales et qui devraient être recrutés sans concours, puisqu’ayant déjà le diplôme professionnel et le paiement des arriérés dus aux éducateurs et éducatrices. La rentrée, admet-il alors, pourrait donc bien être apaisée mais cela, indique-t-il, dépend du gouvernement.
Plus satisfait encore est Dieudonné Lokossou. «Ce que nous avons vu aujourd’hui est une première parce que nous avons souvent déposé des cahiers de doléances mais on ne se retrouve pas pour discuter autour des points importants. Ce soir on a donné priorité aux enseignants parce que le gouvernement souhaite une rentrée apaisée mais c’est lié à certaines conditions. Les gens ne peuvent pas travailler à crédit. On ne peut pas empêcher les contractuels d’évoluer par exemple...», explique à la fin des échanges le secrétaire général de la Csa Bénin. Aussi, invite-t-il le gouvernement à demeurer sur la voie de l’apaisement mais en pensant surtout à recruter au profit de l’enseignement. Si les journées pédagogiques étaient organisées à temps, les primes de rentrée payées et les subventions versées à temps aux établissements, cela participera d’un dégel et contribuera à une rentrée sans anicroche, précise-t-il. Sur les quinze points de revendication concernant les enseignants, Pascal Todjinou note qu’il y a eu «une légère avancée par rapport à ce à quoi on assistait». Mieux, il se réjouit de constater qu’il y a une méthode qui prévaut désormais et que les négociations se sont déroulées dans une ambiance qu’il invite le gouvernement à perpétuer.
Mais si les responsables syndicaux sont autant satisfaits de la rencontre, c’est parce qu’elle a été bien préparée, rassure le ministre Adidjatou Mathys ; c’est parce que les ministères concernés ont tenu plusieurs séances en amont. Mieux, souligne-t-elle, si le gouvernement a fait de la signature de la Charte nationale du dialogue social un préalable à l’ouverture des négociations, c’est dans un souci d’apaisement total et de négociations apaisées avec les partenaires sociaux. S’agissant des revendications liées à l’école, elle se réjouit des avancées notées. «La rentrée étant imminente le gouvernement s’assure que nous aurons une rentrée apaisée… Certains points ont été déjà satisfaits et pour d’autres des réflexions sont en cours», indique-t-elle, saluant par ailleurs la maturité syndicale notée au cours des échanges. Il est à souligner que d’autres membres du gouvernement notamment les ministres en charge de l’Enseignement secondaire, de la Santé, de la Communication et de la Justice ont également pris part aux travaux au cours desquels des points de revendication liés à d’autres secteurs d’activités ont été aussi évoqués ?

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