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A quelques jours de la fête de la Tabaski, il y a très peu d’affluence auprès des vendeurs de bétail. Déjà frappés par la chute de la clientèle en provenance du Nigeria, ils font également face à une timide demande au plan local.

Site de vente de bétail d’Ekpè. Chaque véhicule stationné est rapidement assailli par les marchands. «Ici, ici, ici. Tu en veux pour combien? Je vais te faire un bon prix». Ces propos qui fusent de toutes parts, traduisent le désarroi sur place. Le bétail s’étend à perte de vue mais la clientèle se fait rare. Il faut donc user de toutes les approches pour intéresser les passants. Parfois, aller jusqu’à la persécution. «Vraiment, rien ne va cette année. Je n’ai pas encore vendu une seule bête depuis le matin. D’ailleurs, je ne sais même pas encore ce que moi-même je vais manger», fait savoir Ismaïla Fataï, à la mi-journée. Pour ce vendeur de chèvres assis près de son bétail, le Naïra, monnaie nigériane est le coupable tout désigné.

En effet, la proximité avec de pays, avait favorisé l’écoulement des moutons pour les vendeurs béninois. Insatisfaits chez eux, les Nigérians venaient régulièrement s’approvisionner au Bénin.
Mais en juin dernier, la monnaie nigériane a été dévaluée. Pis, le voisin de l’Est est en récession depuis le 31 août 2016. De fait, les propriétaires de cheptel accusent le coup à Cotonou. A en croire Omar, les Nigérians ont préféré s’approvisionner chez eux cette année. «Ils trouvent les prix trop chers ici», ajoute-t-il. Le même refrain est repris par un autre vendeur. Corde enroulée autour du cou, Adnane Adéléké se faufile entre les bêtes à la recherche du client. Pour ce jeune entremetteur également, la situation est difficile. Les clients qu’il a l’habitude d’aider à marchander le prix des moutons contre un pourboire, se font attendre. Pareil pour cette vendeuse d’eau pour bétail, qui va d'un point de vente à un autre avec sa bassine sur la tête, sans être interpellée. Les vendeurs d’herbes non plus ne sont épargnés. Regards inquisiteurs devant les étalages, ils admirent les passants, en attendant un probable acheteur. «C’est toute la filière autour de la vente de bétail qui a pris un coup», assène Adnane Adéléké.

Faible demande au plan local

«Le Nigeria est en difficulté, mais la situation économique ici aussi n’est pas des meilleures», révèle Achirou Zoul. Fraîchement arrivé sur le site en provenance de Porto-Novo, ce trentenaire trouve les prix des bêtes relativement moins chers par rapport à l’année écoulée. Il en profite tout de même pour amoindrir au maximum avec le vendeur, le coût du mouton désigné. Ce dernier ne le lui accorde pas. «Certains s’attendent à ce qu’on brade les moutons à cause de la situation au Nigeria. Il n’en sera rien. Nous allons rester ici jusqu’au dernier jour», se rassure-t-il, sous les vrombissements incessants des bus. A un rythme soutenu, ces derniers déchargent le bétail en provenance du Burkina Faso, du Niger, sans le moindre empressement de la clientèle.
«L’année dernière, même avec l’argent, c’était difficile d’acheter des moutons. Cette fois-ci, les moutons sont là mais il manque de ressources», déclare Moutaïrou, venu avec sa famille. Malgré cela, beaucoup trouvent toujours les coûts exorbitants. «C’est le pays. Tout est verrouillé. Il n’y a pas d’argent», lance un passant. Pour s’assurer de dépenser peu, d’aucuns attendent les derniers instants de la fête de Tabaski pour approcher les moutons. Cela peut expliquer par ailleurs, aux dires de plusieurs personnes rencontrées sur place, le peu d’engouement actuellement à Ekpè. Après avoir indiqué qu’il n’avait pas de moutons à 30 000 Fcfa, Wahab use de philosophie pour ferrer un client. «Tout est question de chance. Entrez et faites le tour du marché. Vous pourriez trouver de mouton à votre guise». Le beuglement un peu plus loin d’un bœuf, semble lui dire niet.

Par Cheik Farid AKELE et Rosemonde ATCHADE (Stags)

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