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A chaque pèlerinage des musulmans à la Mecque, son motif de désolation. Cette année n’y échappe guère, avec la lourdeur administrative au ministère des Affaires étrangères. Une situation que digère mal le Conseil national de coordination du hadj au Bénin (Conaco).

Attablé avec ses collaborateurs, Bachirou Gbadamassi parcourt frénétiquement la paperasse devant lui. Il y a quelques heures, le secrétaire général du Conseil national de coordination du hadj (Conaco), organisation faitière du convoyage des pèlerins à la Mecque poireautait encore au ministère des Affaires étrangères pour le retrait des passeports visés. De fait, la nuit a été très courte et son organisme en a pris un coup. «Vous devez avoir constaté que j’ai encore sommeil», affirme-t-il, les yeux mi-rouges. Les procédures administratives interminables au ministère des Affaires étrangères ont tôt fait d’exacerber ce sexagénaire qui ne cache pas son ressentiment. Selon lui, l’Etat ne leur facilite pas la tâche. «Il faut passer de longues heures sur le moindre document, alors que les choses auraient pu aller plus vite», se désole-t-il.

Après réception des 967 passeports visés par les autorités saoudiennes, les responsables du Conaco doivent encore passer lesdits documents au crible afin de limiter les erreurs. Ce travail de vérification précède l’affichage de la liste des pèlerins qui vont effectuer le premier voyage. Las des tracasseries de la veille, la plupart des collègues de Bachirou Gbadamassi, n’ont pas pu venir au bureau à l’heure indiquée. « Je leur ai donné rendez-vous à 8 h pour poursuivre le travail, mais pas grand monde n’est là jusqu’à présent », fait-il constater. Conséquence, nul n’est en mesure de dire avec précision quand les premiers pèlerins béninois vont fouler le sol saoudien, pour le compte du hadj de cette année. «Plaise à Dieu, il y aura vols aujourd’hui et demain», répond prudemment le secrétaire général du Conaco. Dans l’enceinte de la mosquée Zongo qui leur sert habituellement de campement, les pèlerins ont commencé par affluer. Assis sous les tentes mises à leur disposition depuis dimanche 28 août dernier par les convoyeurs, certains semblent s’accommoder de la situation. D’autres préfèrent passer du temps à l’extérieur avec leur famille, malgré la pluvieuse matinée. «Pour un pèlerin, il y a au moins dix accompagnateurs», s’amuse le responsable du Conaco.
«Je suis prêt pour partir à tout moment. Ils nous ont même dit que nous allons partir, sitôt venus, le soir même », déclare Aboudou Assouma, venu de Djougou dimanche dernier. «Il ne reste plus que 14 jours pour effectuer les rituels sur place là-bas. Si nous ne décollons pas dans les prochaines 48 heures, le pèlerinage de cette année serait alors en péril», lance un autre pèlerin, qui a requis l’anonymat. Selon Issa Traoré Yahaya, 2e secrétaire général du Conaco, deux compagnies ont été retenues pour le convoyage des quelques 2 000 pèlerins. Huit vols à raison de 300 ou 268 selon les cas, seront nécessaires pour le voyage.

Pourtant, le gouvernement avait rassuré…

Le gouvernement avait pourtant affirmé tout prévoir pour que l’organisation du hadj 2016 se déroule dans des conditions idoines.
Flanqué le 1er juin 2016, de ses homologues en charge de l’Intérieur, Sacca Lafia et des Transports, Hervé Hêhomey, Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères avait rassuré le public lors d’une conférence de presse conjointement animée. Cela intervenait à l’issue d’une rencontre entre les autorités ministérielles, le Conaco et la Fédération béninoise des organisations de convoyage de pèlerins à la Mecque (Fébohaj), l’autre structure qui chapeaute également le convoyage des pèlerins. « Nous avons cru à un nouveau départ dans le processus d’organisation du pèlerinage. Mais il n’en a rien été », dénonce avec amertume, Issa Traoré Yahaya.
Selon Bachirou Gbadamassi, le ministère des Affaires étrangères reste le maillon faible du processus. «Nous apprécions que les choses soient faites dans la rigueur. Mais encore faudrait-il ne pas nous causer des handicaps. Que l’Etat se concentre sur son rôle de facilitation, sinon ce serait toujours pareil», conseille-t-il. Plus amer que son secrétaire général, Issa Traoré Yahaya lâche avec un brin d’humour : « Il y a un grand écart entre les promesses et ce qui est réellement fait sur le terrain. C’est comme le jour et la nuit ». Plus les années passent et plus l’organisation du hadj au Bénin s’apparente au déplacement d’un rocher de Sisyphe, selon ce dernier.

Par Cheik Farid AKELE et Rosemonde ATCHADE (stags)

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