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Situation cocasse pour les étudiants de la Faculté des sciences et techniques (Fast) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), ce mardi 16 août. Venus pour les évaluations de fin d’année, ils n’ont pas pu accéder à leurs amphithéâtres. Ceux-ci ont notamment été badigeonnés la veille, à l’aide d’excréments humains et d’huile à moteur, par des individus non identifiés.

« Nous avons ici des étudiants qui se comportent comme des bandits». Le ton est grave, les termes également. Face à l’odeur qui empeste ce mardi 16 août dans la matinée les alentours de la Faculté des Sciences économiques et de gestion (Faseg), Félix Hontinfindé, doyen de la Fast ne peut que constater les dégâts. Quelques heures plus tôt, les salles de cours censées accueillir les évaluations de ses étudiants avaient été badigeonnées avec des matières fécales et de l’huile de vidange pour motos.

La puanteur de l’air se faisait remarquer à plusieurs mètres alentours. Aucune des autorités n’a vu venir cette situation. Pas même les agents affectés à la sécurité dans l’enceinte de l’Uac. « Des mouvements de personnes ont été notés autour des salles, mais nul ne pouvait soupçonner pareille chose. C’est l’odeur qui nous a alerté», confie l’un d’eux sur place. Au total, huit amphis ont été totalement mis hors d’usage. «Je ne trouve pas normal que des étudiants entrent dans des salles pour tout saboter de cette façon », déclare impuissant, Félix Hontinfindé. Vu l’urgence de la situation, d’autres bâtiments ont été rapidement aménagés pour permettre aux étudiants de composer. «Les épreuves ont finalement été lancées après 10h, au lieu de 8h. Mais tout se déroule bien», note Richard Adandé, l’un des superviseurs des évaluations.
Des véhicules des unités spéciales de la police et de la gendarmerie positionnés à l’entrée, aux alentours de la Faculté de droit et de Sciences économiques renseignent éloquemment, qu’il y a malaise dans ce haut lieu du savoir. Mais l’accès sans aucune formalité vers 10h, ainsi que les va-et-vient d’étudiants et d’usagers dans l’enceinte, contrastent avec l’ambiance qui avait prévalu un peu plus tôt. Après la malheureuse découverte dans les amphithéâtres, les forces de sécurité déployées sur place, ont dû intervenir pour empêcher certains étudiants de perturber les examens. Il s’en est suivi une confusion au cours de laquelle, plusieurs étudiants sont précipitamment rentrés chez eux. «Dans ces conditions, un étudiant n’ayant pas l’habitude des mouvements de foule voudrait sauver sa tête et rentrer à la maison», renchérit Jean Bosco Awanou, inscrit en deuxième année de Chimie Biologie Géologie (CBG2), qui semble se lasser de faire le point de la situation aux amis par téléphone. «Ils n’auraient pas dû partir sans avoir pris connaissance des nouvelles consignes. D’autant que nous avons rassemblé tous les étudiants avant le redéploiement dans de nouvelles salles de composition», rétorque Richard Adandé. «A cette allure, je crains que seulement le tiers des étudiants participe aux évaluations », lance le président du BUE/Fast, Bienvenu Djibou.

Malaise ambiant

Prévus pour se poursuivre jusqu’à la fin du mois, les examens tombent en plein bras de fer entre les autorités rectorales et les responsables étudiants de la Faculté des Lettres Arts et Sciences humaines (Flash). Sur les dents depuis l’invalidation de l’année académique et l’exclusion temporaire de 21 des leurs, ils ont décrété un mouvement « campus mort ». Un mot d’ordre étendu à d’autres entités universitaires afin de paralyser toutes les activités académiques sur le campus. « Je ne comprends pas pourquoi les autorités n’ont pas tenu compte de la vague de protestation qui enfle. Nous voulons composer mais il faudrait que les conditions soient réunies », affirme le président du BUE/Fast. Comme la plupart de ses pairs, ils regrettent que les évaluations aient été maintenues dans cette ambiance tendue. «Nous avons reçu une note demandant le report de la part des camarades protestataires. Je n’ai pas pu la transmettre à mes supérieurs, vu que j’étais en voyage hors de Cotonou. Mais ils en ont été informés par téléphone ». Une version rejetée par le doyen Félix Hontinfindé qui affirme n’avoir eu connaissance d’aucune motion de protestation. « Les autorités chargées de la gestion des salles sont venues faire le constat. EIles prendront dans la journée, les dispositions requises pour que dès demain matin, toutes les salles puissent être à nouveau disponibles », promet-il.

Par Cheik Farid AKELE (stag) et Pascal DOGUE

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