Des acteurs institutionnels ainsi que des représentants du secteur privé et de la Société civile étaient en conclave, mardi 19 juillet dernier à Cotonou, pour évaluer le système national d’intégrité au Bénin. L’initiative est de Transparency international et des Ong Alcrer et Social watch Bénin avec l’appui de l’Union Européenne. Elle entre dans le cadre du processus de l’évaluation du système d’intégrité au Bénin. La cérémonie d’ouverture des travaux a été placée sous l’égide du ministre en charge de la Justice et de la Législation, Joseph Djogbénou, qui avait à ses côtés l’ambassadeur, chef de la Délégation de l’Union Européenne, Joseph Coll.

Faciliter une compréhension partagée de l’état actuel du système national d’intégrité du Bénin d’une part, et adopter des recommandations pour la mise en œuvre de réformes et autres actions prioritaires pour le renforcement du système d’intégrité du Bénin, d’autre part. Ce sont là, les principaux objectifs des assises nationales sur l’intégrité au Bénin dont les travaux ont eu lieu à Cotonou.
Pour le directeur de cabinet du ministre en charge de l’Economie et des Finances, Servais Adjovi, la réalisation de l’évaluation fait suite à une demande exprimée par le gouvernement qui a souhaité avoir un regard externe dans le but de disposer d’un outil aux fins de mieux entreprendre des réformes durables et efficaces dans le domaine de la lutte contre la corruption et l’impunité. Le rapport a mis en relief les trois points qui le composent. Parlant du rapport à valider par les participants, il précise que de façon spécifique, il donne une bonne indication du sérieux et de l’engagement du gouvernement dans la lutte contre la corruption. « Il fournit des éléments d’appréciation des mécanismes de lutte contre la corruption ainsi que des progrès enregistrés en matière de lutte contre la corruption au Bénin, formule des recommandations-clés à partir des constats réalisés et apporte des éclairages précis sur l’ampleur du phénomène de la corruption et son évolution . Le rapport analyse enfin les résultats obtenus au regard de l’application des mécanismes juridiques afin d’engager des poursuites judiciaires et de mettre fin à l’impunité », a révélé Servais Adjovi.
A l’endroit des participants, il confesse que c’est un rapport assorti d’un plan d’actions et d’un plan de suivi favorable à la consolidation du programme de lutte contre la corruption du gouvernement du Bénin.
A propos du projet d’évaluation, le directeur exécutif de l’Ong Alcrer, Martin Assogba, souligne qu’il découle du constat que malgré les efforts et les engagements contre la corruption, le Bénin fait toujours face à d’importants problèmes de corruption. « Ceci transparait dans les indicateurs mondiaux de corruption et la perception des citoyens d’une corruption généralisée », a-t-il ajouté. Puis, il cite tous les instruments juridiques et autres, mis en œuvre afin de lutter contre le fléau pour conclure qu’ils n’ont pu le faire reculer au Bénin qui demeure parmi les pays où le mal est toujours enraciné.
Il a appelé au sens de responsabilité du régime du président Patrice Talon, pour prendre la mesure des graves conséquences de ce fléau sur la marche du Bénin vers la prospérité, et à faire montre d’un engagement résolu à travers notamment la mise en place de mesures hardies, réalistes et réalisables et non populistes.
Procédant à l’ouverture des travaux, le ministre en charge de la Justice, Joseph Djogbénou, s’est dit préoccupé. « A propos de la corruption, nous posons toujours les bonnes questions. A savoir si nous avons les bons procédés, si nous identifions les bons interlocuteurs. La corruption est un phénomène universel et elle est plus caractérisée dans les Etats en construction. Elle est même endémique au Bénin. Mais ne traitons-nous pas les effets plutôt que les causes ? », indiquera-t-il. Le Garde des Sceaux a également évoqué la relation avec l’état et/ ou le bien public, pour expliquer qu’elle pourrait constituer également l’une des causes de la corruption. Son exhortation a été de « poser la vraie question sur la cause ! ».
Pour leur part, le chef de la délégation de l’Union Européenne, Joseph Coll, ainsi que le représentant de Transparency International ont salué l’entregent de l’équipe de chercheurs pour le travail abattu. «Si le Bénin est reconnu comme un exemple de démocratie stable dans la sous-région où les conditions démocratiques sont des denrées rares, on ne peut s’empêcher de constater que les populations de ce pays peinent encore à jouir véritablement des fruits de cette stabilité qui en définitive devient vide de sens, quand cela n’a pas d’impact réel et concret sur le panier de la ménagère, sur l’accès aux soins de santé primaire, sur l’accès à l’éducation… sur le développement durable du pays», a déploré Joseph Djogbénou. ?

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