Le gouvernement de l’ère du Nouveau départ a tenu mercredi 13 avril dernier sa toute première séance de Conseil des ministres. Au nombre de ses décisions prises figure l’interdiction d’utiliser désormais des postes téléviseurs dans l’administration publique. Une décision diversement appréciée dans l’opinion

Les feuilletons à sensation, des matches de football ou leurs résumés, les débats télévisés ou autres émissions sur les chaînes de télévision ne pourront plus être des moyens de distraction dans les bureaux de l’administration publique béninoise. Ainsi en a décidé le tout premier gouvernement du président Patrice Talon lors de sa première réunion en Conseil des ministres mercredi 13 avril dernier. Une décision qui entre en droite ligne avec les principes de la Rupture. Laquelle Rupture propose que l’on abandonne les vieilles mauvaises habitudes.

Cette décision a l’avantage de participer à ce que tous les citoyens de ce pays ont toujours souhaité sans que ne se manifeste réellement sa volonté de changer quelque chose dans ses habitudes. Sans avoir les qualités de médecins et n’ayant pas forcément appris les grandes théories de gestion de l’administration publique, chacun des compatriotes a fait le diagnostic: les maux dont souffre l’administration publique béninoise résident en sa lourdeur, prescrivent-ils. Déçus qu’ils ont été, chaque fois qu’une préoccupation les a conduits dans l’un quelconque des secteurs de l’Administration publique de leur pays. Au finish, les beaux discours ont conduit à l’expression «administration de développement» que beaucoup ont prise et ont claironnée. Mais n’était-ce juste pas pour la forme ?
Qu’est-ce qui a changé dans l’administration publique béninoise, si ce ne sont le clientélisme, l’affairisme, la corruption, la paresse qui s’y sont installés impunément au point de la gangrener ?
Opter pour une administration sans poste téléviseur dans les bureaux ne va certainement pas tout résoudre. Toutefois, cela dénote déjà d’une volonté de faire avancer les choses. Il y a de l’économie à faire pour le pays par rapport aux milliers de postes téléviseurs acquis pour et au nom de l’administration publique et qui sont parfois surfacturés. Cela réduira, sans conteste, le coût de la consommation électrique déjà difficile à contrôler avec les lampes laissées allumées dans les bureaux durant la nuit et autres climatiseurs qui ronronnent sans cesse, même si parfois l’occupant du bureau est absent.

Le patriotisme comme bréviaire

Désormais les fans des feuilletons n’auront plus les yeux rivés sur les écrans de télévision et pourront désormais mieux s’occuper des usagers de l’administration publique. Ceux-là pour qui ils sont là, et sans qui ils ne pourront justifier leurs salaires mensuels. On espère et on croise les doigts que chacun prendra comme bréviaire le patriotisme afin que la décision n’émousse en personne la volonté de faire avancer le pays. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, ce sont les actions individuelles de chaque citoyen qui feront avancer le pays; le nôtre : ces 112.600 km2 que les Béninois ont en commun.
Si la décision fait couler aujourd’hui beaucoup d’encres et de salives, il y a lieu de ne pas perdre de vue qu’il y a encore quelques années sous le régime Kérékou II, pareille décision avait été prise concernant les appels téléphoniques. Le gouvernement a décidé de l’interdiction d’utiliser les téléphones de l’administration publique pour appeler les GSM. Qui, aujourd’hui, conteste que cela n’a pas fait son effet? Les résultats espérés n’ont-ils pas été atteints ?
Certes beaucoup de compatriotes diront que ces décisions ne pourront pas suffire à elles seules pour atteindre l’objectif. Celui qui est décidé à ne pas travailler peut s’accrocher à son téléphone. Les androïdes aujourd’hui en vogue peuvent faciliter une promenade sur les réseaux sociaux. Mieux, les nouvelles technologies ont cet avantage d’offrir aujourd’hui la possibilité de regarder la télévision sur les ordinateurs. Il suffit juste d’avoir la connexion internet. C’est dire donc qu’outre l’interdiction, il faut tabler beaucoup plus sur le patriotisme. Faire comprendre aux Béninois que c’est le pays qui compte. On n’aura pas besoin de mettre un gendarme derrière chaque agent de l’administration publique pour l'amener à faire son travail.
Pour le reste tout est question de volonté et de patriotisme. Il faut donc travailler à cela : promouvoir le civisme, et le pays se portera mieux.

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