Un séminaire sous-régional sur l’économie sociale solidaire rassemble, depuis mardi 12 avril à Cotonou, des participants venus de quatre pays: la Côte d’Ivoire, la Guinée-Conakry, le Togo ainsi que le Bénin. Selon les organisateurs, les assises s’inscrivent dans la logique participative de contribution du plan d’actions du Réseau au niveau international. Elles sont financées par la Fédération genevoise de coopération et soutenues par beaucoup d’autres partenaires au plan national.

Après les assises de Douala au Cameroun pour le compte de l’Afrique centrale, c’est Cotonou qui accueille depuis mardi 12 avril, celles de l’Afrique de l’Ouest. Cette rencontre sous-régionale vise entre autres objectifs: permettre aux réseaux nationaux-membres du Réseau africain d’économie sociale et solidaire (Raess) ainsi qu’aux autres acteurs de mieux se connaître, d’échanger leurs expériences, de définir leurs besoins d’appuis et d’élaborer leurs stratégies et leur plan d’actions futures.

En accueillant les délégations, le chef de file du Raess, Patrice Lovesse, a d’abord campé le décor en soulignant la nécessité de la tenue de pareilles assises. A l’assistance, il a rappelé que l’économie sociale et solidaire est la réponse appropriée aux inégalités et à la pauvreté grandissante, issues du modèle de développement dominant en Afrique et dans le monde. «L’économie solidaire apparait dans les années 70, dans un contexte de chômage de masse, de montée des exclusions et de recherche d’un nouveau mode de développement » a-t-il expliqué, précisant que l’expression «économie sociale», désigne désormais communément l’ensemble des structures qui sont particulièrement actives dans la protection sociale complémentaire, l’assurance, les banques, l’action sociale, l’éducation populaire, le sport, la santé, la culture, l’agriculture … «On parle aujourd’hui d’économie sociale pour faire référence aux entreprises et aux associations dont la finalité est davantage tournée vers le bien-être social ou environnemental que vers la recherche du gain financier», insiste Patrice Lovesse. Pour lui, l’utilité sociale, difficilement évaluable est au cœur du projet économique des organisations de l’économie sociale et solidaire. Toutefois, reconnait-il, c’est une notion beaucoup plus développée en Occident qu’en Afrique, où les problèmes auxquels elle propose des alternatives, se posent avec acuité.

Une réalité de développement

Dans un long plaidoyer en faveur de l’économie sociale et solidaire, le recteur de l’Université africaine de développement coopérative (UADC), le professeur Emmanuel Kamdem, a reprécisé le concept d’économie sociale et solidaire, précisant qu’il désigne : un ensemble d’entreprises organisées sous forme de coopératives, mutuelles, associations, ou fondations dont le fonctionnement interne et les activités sont fondées sur un principe de solidarité. «Dans les pays comme le nôtre, l’économie sociale et solidaire est devenue une réalité de développement», a-t-il indiqué. Il a été soutenu dans ses propos par le représentant de la Fédération genevoise de coopération Fernand Vincent.
Procédant à l’ouverture des travaux, le représentant du Conseil économique et social, Benoît Saka, a salué le rôle prépondérant que joue l’économie sociale et solidaire dans le processus du développement des nations. Il cite, en exemple sa contribution à réduire l’exclusion sociale provoquée par le chômage de masse, et la pierre qu’elle apporte via certains de ses membres à la réflexion sur la conversation dans les différents modèles économiques dans les domaines agricole, énergétique, sanitaire, social, et financier. Il affirme que c’est «un outil efficace de développement à la base». Cependant, elle ne s’est fortement développée que dans les domaines où l’initiative privée et les pouvoirs publics ne répondaient pas efficacement aux besoins sociaux, a-t-il ajouté.
Il a, pour finir, exhorté à un engagement ferme à promouvoir le secteur et surtout à la persévérance. Car la tâche ne sera pas facile. Le Ces ne marchandera pas sa disponibilité à vous accompagner étant entendu que nous poursuivons les mêmes buts, a-t-il conclu.’.¦

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