Face à la presse mardi 26 janvier à Cotonou, l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC) a fait une déclaration. Elle est relative à la violation flagrante du Code électoral par certains postulants au fauteuil présidentiel

Face à la violation des dispositions du Code électoral par certains candidats à la présidentielle de février prochain et/ou leurs sympathisants, l’Autorité nationale de lutte contre la corruption est montée au créneau pour exprimer son inquiétude et rappeler à l’ordre. C’est le rapporteur de l’institution Agapit Maforikan qui a, au nom du président, lu la déclaration aux professionnels des médias. Il s’agit en substance, pour cette institution en charge de lutter contre la corruption, d‘expliquer à la presse qu’il y a violation flagrante du Code électoral depuis le démarrage du processus pour l’élection présidentielle de février prochain. Agapit Maforikan évoque notamment les articles 62 et 63 qui interdisent six mois avant tout scrutin et jusqu’à son terme, les pratiques publicitaires à caractère commercial, les dons et libéralités ou les faveurs administratives, l’utilisation des attributs, des biens ou moyens de l’Etat à des fins de propagande pouvant influencer ou tenter d’influencer le vote.

Or aujourd’hui, le constat sur le terrain est autre, précise l’ANLC qui évoque et dénonce : «les distributions et ports de tee-shirts et autres gadgets à l’effigie des potentiels candidats, les dons et libéralités sous couvert d’actions humanitaires manifestes, l’utilisation des biens et moyens de l’Etat par des autorités politico-administratives aspirant à la magistrature suprême ou par leurs militants aux fins de propagande électorale». Elle va plus loin, précisant que pour voiler la violation des textes en vigueur, plusieurs acteurs politiques ont recours à l’organisation de manifestations sportives ou culturelles au cours desquelles des appels de soutien à tel ou tel candidat se font en violation du Code électoral en ses articles 53 et 54. Ces articles disposent respectivement que «la campagne électorale est déclarée ouverte par décision de la Céna sous réserve des dérogations prévues par la loi, elle dure 15 jours» .., «Nul ne peut par quelque moyen ou sous quelque forme que ce soit, faire campagne électorale en dehors de la période électorale prévue à l’article précédent».
L’ANLC a également mentionné les panneaux géants et autres affiches posées dans les villes et campagnes par certaines forces politiques qui organisent des meetings pour, disent-elles, informer l’opinion publique du choix de leur candidat, laissant croire que la campagne électorale pour la présidentielle de 2016 a déjà démarré.
«Face à cette violation caractérisée des dispositions du Code électoral et de la loi anticorruption l’ANLC attire l’attention des citoyens et des acteurs politiques sur ces agissements qui sont sanctionnés par l’article 144 du Code électoral», mentionne Agapit Maforikan. Il saisit la même occasion pour appeler les citoyens au sens de responsabilité et les inviter à mettre en œuvre l’article 140 du Code électoral qui dispose que «tout citoyen électeur peut, à tout moment, saisir d’une plainte le procureur de la République. Ce dernier est tenu d’engager à l’encontre des auteurs des faits, les poursuites suivant la procédure de flagrant délit».
L’ANLC a, pour finir, appelé les autorités garantes de respect du Code électoral à assumer rigoureusement leurs tâches à travers une application sans faille de ses dispositions.

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