Aux grands hommes disparus, des hommages mérités. Le président Mathieu Kérékou a reçu les siens, jeudi 10 décembre au stade de l’Amitié de Kouhounou à Cotonou. Toutes les composantes de la nation de l’illustre disparu ont salué aussi bien l'œuvre que la mémoire. C’était sous l’égide du président de la République Boni Yayi et ses invités de marque : les présidents Muhamadu Buhari du Nigeria, Faure Gnassingbé du Togo, Mahamadou Issoufou du Niger, ainsi qu’une forte délégation venue des pays frères et amis de la sous-région et du continent.

Une présence massive pour des hommages mérités à un disparu !

Le grand retard accusé par la cérémonie d’hommages au général Mathieu Kérékou n’a rien enlevé à sa solennité. Toutes les forces vives de la nation se sont mobilisées comme un seul homme pour rendre à l’homme d’Etat les hommages dus à son rang. Décors majestueux, organisation qui se veut digne des grands moments. Il ne manquait que la mobilisation de la foule pour que la fête soit totale. Toutefois le général président peut se réjouir d’avoir, une fois encore, rassemblé le gratin de personnalités sociopolitiques du pays : les anciens collaborateurs sous l’ère de la Révolution et du Renouveau démocratique, soldats, hommes de rang, les cadres de l’administration à divers niveaux, tous étaient présents.

Au cours de la prière liturgique le Nonce apostolique, Brian Udaigwe est revenu sur les qualités d’homme d’Etat du fils de Kouarfa qui a su gravir les échelons pour devenir, par la force des choses le premier magistrat du pays. Puis, il a loué ses qualités intrinsèques : le don de soi, l’humilité et son amour pour sa patrie. A sa famille, le prélat a demandé de prier. «Dieu a donné et Dieu a repris», pour le reste, il n’y a que la prière, a confié le Nonce. A son tour le président Yayi Boni a beaucoup insisté sur la douleur qui étreint chaque Béninois depuis l’annonce de la disparition de l’ancien président. «Mon général, ce n’est qu’une séparation physique. Vos œuvres parleront encore longtemps pour vous. Vous demeurez présent spirituellement parmi nous, et la flamme de la démocratie allumée à la faveur de la Conférence nationale demeure une boussole pour le peuple», a indiqué le président de la République.

Condoléances des pays étrangers

A sa suite le président nigérian Muhamadu Buhari a, au nom de ses pairs de la sous-région, salué lui aussi la mémoire du grand homme d’Etat qu’a été le général Kérékou. Il a présenté les condoléances de son pays et du peuple frère du Nigeria ainsi que celles des autres pays de la sous-région à la famille éplorée.
Au nom de celle-ci, l’ambassadeur Moïse Kérékou a dit toute la gratitude des fils, filles et des autres membres de la famille à la nation toute entière pour le soutien, la marque de sympathie depuis l’annonce de la disparition de leur géniteur et père de la nation. «Ce n’est pas seulement notre deuil, c’est également celui de la nation» a-t-il indiqué avant d’exhorter tout le monde à faire de cet instant un moment de méditation. Il a également rappelé les qualités intrinsèques du disparu. «Celui-là qui a su sacrifier sa vie pour le peuple. Il a fait le renoncement de soi pour le peuple. Bel exemple que de renoncer à soi pour l’autre», a-t-il insisté. Puis rappelle-t-il, que ce sacrifice doit être le ciment de tout le peuple du Nord au Sud. Que chacun s’appuie sur ce socle pour faire décoller le pays. Utilisons la douleur qui étreint nos cœurs pour montrer au monde entier que nous sommes un peuple solidaire», a ajouté Moïse Kérékou, au nom de sa famille. Il a également salué, au nom des siens, la présence des chefs d’Etat étrangers à cette cérémonie.
Cette phase protocolaire de la cérémonie a été suivie de recueillement des différentes personnalités et autres devant la dépouille. Au terme de la cérémonie, la dépouille du général Mathieu Kérékou a été exposée dans la grande salle du palais des Sports pour y recueillir les hommages des autres corps constitués de la nation.

Kouhounou, stade Mathieu Kérékou

La grande surprise de cette cérémonie d’hommages au président Mathieu Kérékou aura été le nouveau nom de baptême du stade de l’Amitié. «Pour immortaliser votre nom, mon général, j’ai décidé, avec mon gouvernement, que le stade de l’amitié soit rebaptisé stade de l’Amitié Mathieu Kérékou ». Une annonce accueillie par un tonnerre d’applaudissement. 42 ans après sa construction, le stade de l’Amitié sino-béninoise prend le nom du président sous qui il avait été érigé. Belle manière de rendre immortel celui sous qui le plus grand stade du pays a été construit.

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