Les responsables, enseignants et étudiants de l’Institut universitaire bilingue Rehoboth de Porto-Novo ont vécu une matinée cauchemardesque hier mardi 3 février. Ils ont vu leur école fermée par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur qui a bénéficié de l’appui technique d’un huissier de justice et d’un contingent de gendarmes conduit par le capitaine Martial Dégbessou, commandant de la compagnie de gendarmerie de Porto-Novo.

Après la phase de sensibilisation, le ministère en charge de l’Enseignement supérieur passe désormais à la vitesse supérieure avec les écoles et instituts universitaires privés illégalement ouverts. Il a mené une opération coup de poing hier à l’Institut universitaire bilingue Rehoboth situé en face du Musée Adandé à Porto-Novo. Cette école privée a été purement et simplement fermée parce que non autorisée à ouvrir ses portes.
Selon le directeur des Etablissements privés d’Enseignement supérieur, Dodji Amouzouvi, le ministère a été obligé de prendre cette décision draconienne suite au jusqu’au boutisme des promoteurs de cette école privée d’enseignement supérieur.

Il ressort de ses explications, que depuis plusieurs mois, sa structure était en pourparler avec les promoteurs de Rehoboth pour trouver un terrain d’entente afin que cet institut se mette en règle. Malheureusement, ceux-ci n’ont pas voulu entendre raison. C’est donc face à leur entêtement, que le ministère a décidé de saisir la justice pour obtenir une autorisation de fermeture de cette école privée, explique-t-il. Ce qui a été chose faite hier avec l’aide du cabinet de l’huissier Me Hortense Bankolé de Souza qui a apposé les scellés sur la porte d’entrée principale de cet institut après avoir pris soin de vider tous les occupants. Le directeur des Etablissements privés d’enseignement supérieur regrette qu’on en arrive là avec l’institut Rehoboth composé en grande partie d’étudiants nigérians.

Car, la mission de sa direction n’est pas de fermer les écoles privées tous azimuts mais plutôt de les accompagner. Seulement cet accompagnement doit se faire dans le respect de la loi, insiste Dodji Amouzouvi avant de rappeler que cette opération s’inscrit en droite ligne avec les recommandations des députés en direction du ministère lors du passage du ministre François Abiola au Parlement. Le ministre avait été invité à faire le ménage pour mettre fin à la floraison des écoles supérieures ouvertes dans l’illégalité avec une attention particulière sur la grande filière nigériane qui est en train d’envahir le système éducatif béninois.
C’est pourquoi, il invite tous les promoteurs d’établissements supérieurs privés encore dans le cas à une franche collaboration pour éviter le scénario de l’institut Rehoboth.

Grosse machine d’arnaque

Les responsables de Rehoboth ne sont pas sur la même longueur d’onde que le ministère en charge de l’Enseignement supérieur. Ils brandissent un arrêté signé du ministre François Abiola en date de 5 février 2014. Lequel arrêté les autoriserait à opérer sur le terrain. Faux rétorque Dodji Amouzouvi qui crie à une grosse machine d’arnaque et de faux et usage de faux auxquels se livreraient beaucoup de promoteurs d’écoles privées d’enseignement supérieur. Il a saisi l’occasion pour rappeler les conditions d’ouverture d’un établissement privé d’enseignement supérieur.

La toute première étape est l’obtention d’une autorisation de création. Laquelle autorisation n’engage pas le bénéficiaire à ouvrir une école. L’autorisation d’ouverture est donnée au requérant, explique Dodji Amouzouvi, lorsque le promoteur satisfait aux dispositions prévues par la loi telles que la présentation au ministre en charge de l’Enseignement supérieur des filières à ouvrir, les capacités de l’école en terme d’infrastructures disponibles, en terme de programmes et en terme d’enseignants. «Sans l’autorisation d’ouverture, l’école n’est pas autorisée à opérer.

L’autorisation de création n’autorise pas à ouvrir. Et c’est le cas ici avec l’Institut universitaire bilingue Rehoboth autorisé certes à créer mais qui n’est pas autorisé à ouvrir », nuance Dodji Amouzouvi. Il rassure les promoteurs de cet institut que dès qu’ils se mettront en règle administrativement, l’autorité ministérielle et la justice pourraient revenir sur leur décision.
Le directeur des Etablissements privés d’Enseignement supérieur invite par ailleurs les étudiants et les parents d’élèves à la vigilance avant de faire une inscription dans une université privée. Il faut qu’ils cherchent d’abord à consulter la liste des établissements privés d’enseignement supérieur autorisés avant de s’y engager, propose-t-il. Cette liste est disponible partout et même sur le site Internet de la direction générale de l’Enseignement supérieur et au ministère chargé de l’Enseignement supérieur, rappelle Dodji Amouzouvi.

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